SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES DONGHUA JIANG R'esum'e.Dans cet article, on donne des restrictions sur la struc- ture d'un module instable, qui doivent ^etre v'erifi'ees pour que celui- ci soit la cohomologie r'eduite d'un espace. On commence par une 'etude sur la structure des sous-modules de sH~*(B(Z=2) d; Z=2), i.e., les modules instables dont la filtration nilpotente est de lon- gueur 1. Ensuite, on g'en'eralise le r'esultat aux modules instables dont la filtration nilpotente est de longueur finie, et qui v'erifie une condition suppl'ementaire. Le r'esultat dit que sous certaines hy- poth`eses, la cohomologie r'eduite d'un espace ne contient pas de lacunes de longueur arbitrairement grande. Ce r'esultat est obtenu par application du c'el`ebre th'eor`eme d'Adams sur l'invariant de Hopf et de la classification des modules instables injectifs. Ce travail est effectu'e sous la direction de L. Schwartz. 1. Introduction En topologie alg'ebrique, pour distinguer les espaces, on introduit des invariants, tels que l'homologie, la cohomologie et l'homotopie des espaces. Nous nous int'eressons dans cet article `a la cohomologie r'eduite des espaces en tant que module instable sur l'alg`ebre de Steenrod. Un probl`eme central sur les modules instables est de savoir quand un tel module est la cohomologie r'eduite d'un espace. Un r'esultat c'el`ebre de J. F. Adams impose des restrictions fortes `a un module instable pour qu'il soit la cohomologie r'eduite d'un espace. Voici le r'esultat d'Adams dont il est question : Th'eor`eme 1. (Adams, [1]) Soit X un espace ou un spectre, k 4, i 2k soitPx 2 Hn (X; Z=2) tel que Sq2 x = 0, 8 i < k, alors Sq x 2 2i i |x|. Ici, |x| d'esigne le degr'e de x. D'efinition 2. Par lacune de longueur d dans un module instable M, on entend une suite d'entiers I = {i, . .,.i + d - 1} telle que Mj = {0}, 1 2 DONGHUA JIANG si j 2 I, Mi-1 6= {0}, Mi+d 6= {0}. On note cette lacune par (i-1, i+d) ou (i - 1, i + d - 1]. Issue du th'eor`eme d'Adams, une question int'eressante est de savoir si dans la cohomologie mod 2 d'un espace, il peut exister ou non des lacunes de longueur arbitrairement grande. Dans cet article, on d'emontre que c'est impossible sous certaines hypoth`eses suppl'ementaires sur la structure de module instable. Nous devons rappeler, pour 'enoncer ces conditions, diverses d'efinitions. Rappelons qu'un module M est connexe si M0 = {0}. D'efinition 3. La suspension d'un module instable M est le module M tel que ( M)0 = {0} et ( M)n = Mn-1 , 8 n 1. D'efinition 4. Un module instable M est r'eduit si le morphisme Sq0 : M ! M d'efini par Sq0(x) = Sq|x|(x) = x2, 8 x 2 M, est injectif. On va se restreindre dans la suite `a 'etudier des modules instables dont l'enveloppe injective est somme directe finie d'objets injectifs ind'ecomposables. D'apr`es la classification des U-injectifs (Lannes- Schwartz, [5]), on sait que pour un tel module instable r'eduit M, il existe d, ffd tels que M se plonge dans H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd. Si M est connexe, on peut supposer ffd = 1. Donc pour 'etablir une pro- pri'et'e pour les modules instables r'eduits, il suffit de le faire pour les sous-modules instables de H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd. Dans la suite on sup- posera ffd = 1, les d'emonstrations s''etendont sans probl`eme. D'efinition 5. (Schwartz, [8]) Un module instable M est s-nilpotent s'il est l'union de ses sous-modules ayant une filtration finie dont les quotients sont des s-`eme suspensions. Soit U la cat'egorie des modules instables. On d'esigne N ils la sous- cat'egorie ab'elienne pleine de U des modules s-nilpotents. La sous- cat'egorie N ils est 'epaisse (voir [2], [9]). On a une filtration de U : . . . N il2 N il1 = N N il0 = U. Soit nils : U ! N ils l'adjoint `a droite de l'inclusion N ils ,! U, nilsM est le plus grand sous-module d'un module instable M dans N ils et on a la filtration nilpotente de M : . . . nil2M nil1M nil0M = M. Proposition 1. ([4], [7]) Soit M un module instable. Alors nilsM=nils+1M = sRs est la s-`eme suspension d'un module instable r'eduit. SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES 3 D'efinition 6. La filtration nilpotente d'un module instable M est de longueur finie s'il existe un n 0 tel que nilnM = 0. D'efinition 7. Soit M un module instable connexe r'eduit non trivial. On d'esigne par n1 < n2 < . . .les degr'es n tels que Mn 6= {0}. Suppo- sons que M se plonge dans H*(B(Z=2) d; Z=2). M sera dit de type T , si en degr'e sup'erieur ou 'egal `a n1, il contient une lacune de longueur l max {2d+4, nj+1 - nj, j = 1, . .,.1 + (d - 1)2d-2}. Remarque. Le module M est n'ecessairement infini car M est r'eduit connexe non trivial. Th'eor`eme 2. Soit un module instable connexe M qui est une suspension it'er'ee d'un sous-module instable connexe de type T de H*(B(Z=2) d; Z=2). Alors M n'est pas r'ealisable, i.e., il n'existe au- cun espace X tel que M = ~H*(X; Z=2). En fait le th'eor`eme d'Adams s'applique aussi aux spectres. Il en est donc de m^eme du th'eor`eme pr'ec'edent, la suspension it'er'ee peut ^etre positive ou n'egative et le module n'est ni la cohomologie r'eduite d'un espace ni la cohomologie r'eduite d'un spectre. Une g'en'eralisation de ce th'eor`eme est faite sous certaines hypoth`eses pour les modules instables connexes ayant une filtration nilpotente de longueur finie. D'efinition 8. Un module instable connexe M dont la filtration nilpo- tente est de longueur finie est de type T , si 1) M est non nul dans des degr'es arbitrairement grands ; 2) Les quotients nilsM=nils+1M non triviaux s''ecrivent sous la forme miRmi, Rmi r'eduits, i = 1, . .,.t, m1 < . .<.mt, alors l'un des Rmi (que l'on note Rm ) est non-trivial dans les degr'es n1 < n2 < . . ., et on suppose qu'il existe d tel que tous les Rmi se plongent dans H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd; 3) On suppose alors qu'en degr'e sup'erieur ou 'egal `a m + n1, M contient une lacune de longueur l max {mt2d+4, nj+1 - nj, j = 1, . .,.1 + (d - 1)2d-2}. Condition 1. Soit M un module instable connexe dont la filtration nilpotente est de longueur finie. On d'esigne par miRmi les quotients nilsM=nils+1M non triviaux, i = 1, . .,.t, m1 < . .<.mt. On dira que M v'erifie la condition 1 si mi+1 - mi 6= 1, 2, 4, 8,1 i t - 1, mi+2 - mi 6= 8, 1 i t - 2, 4 DONGHUA JIANG c'est-`a-dire, mj - mi = 2fin'a pas de solution pour 1 i, j t et 0 fi 3. Th'eor`eme 3. Tout module instable connexe M dont la filtration nil- potente est de longueur finie, qui est de type T et v'erifie la condition 1, n'est pas r'ealisable, i.e., il n'existe aucun espace ou spectre X tel que M = ~H*(X; Z=2). Corollaire 1. La longueur des lacunes ne peut pas ^etre arbitrairement grande dans un module instable connexe r'ealisable dont la filtration nilpotente est de longueur finie et v'erifie la condition 1. Dans cet article, on suppose que tous les modules sont de dimension finie en chaque degr'e, que leur enveloppe injective est somme directe fi- nie de modules injectifs r'eduits. Les r'esultats obtenus sont cons'equences du th'eor`eme d'Adams et de la classification de Lannes-Schwartz. Voici quelques d'etails sur le plan de cet article. Dans la section 2, on d'efinit des op'erations Qst, s, t 0. La section 3 contient un r'esultat combinatoire. En utilisant ce r'esultat, le th'eor`eme 2 est d'emontr'e dans la section 4. Ensuite, le th'eor`eme 3 est d'emontr'e dans la section 5. La derni`ere section contient des g'en'eralisations pour le cas p premier impair. Il y a un appendice `a la fin sur les op'erations de Steenrod. 2. Les op'erations Qst, s, t 0 Dans cette section, on d'efinit les op'erations Qst, s, t 0 et on donne bri`evement leur propri'et'es utilis'ees dans les sections suivantes. Pour plus de d'etails sur ces op'erations, on renvoie les lecteurs `a l'appendice. D'efinition 9. Les op'erations Qst, s, t 0 sont d'efinies r'ecursivement comme suit : s 1. Qs0= Sq2 ; t+s+1 2t+s+1s 2. Qst+1= QstSq2 - Sq Qt. Notation 1. On note souvent Q0tpar Qt, qui est la notation usuelle de l'op'eration de Milnor concern'ee. Pour 'etablir les propri'et'es de ces op'erations Qst, on a besoin d'intro- duire quelques notations. Notation 2. Le symbole (n1, . .,.nd) d'esignera le mon^ome un1 . . . und ou xn11. .x.ndddans H*(B(Z=2) d; Z=2) qui s'identifie `a F2[u] d ou F2[x1, . .,.xd], u et les xi 'etant de degr'e 1. Un tel mon^ome sera dit basique. Notation 3. Comme d'habitude, Sq0 d'esigne l'op'eration d'efinie dans un module instable par Sq0x = Sq|x|x. On a donc Sqs0(n1, . .,.nd) = SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES 5 (2sn1,P. .,.2snd), et Im (Sqs0) est l'ensemble des 'el'ements x = s s * d i2I(2 n(i)1, . .,.2 n(i)d) de H (B(Z=2) ; Z=2). Ici, I est un en- semble de d-uplets i, qu'on 'ecrit (n(i)1, . .,.n(i)d), n(i)ffpeut ^etre nul. Lemme 1. Soit M un module instable, on a pour tout n 1, Sq2nSq0x = Sq0Sqnx, 8 x 2 M. De la d'efinition de Qstet de Sq0, on d'eduit que : Lemme 2. Soit M un module instable, on a 8 x 2 M, Qs+rtSqs0x = Sqs0Qrtx, 8 r, s, t. En particulier, QstSqs0x = Sqs0Q0tx, 8 s, t. Corollaire 2. 1. Soit M un module instable, on a 8 x 2 M, QsrQstSqs0x = QstQsrSqs0x, 8 t, r 0 ; (Qst)2Sqs0x = 0. 2. Pour M, N deux modules instables, Qst(x y) = Qstx y + x Qsty, 8 x 2 Sqs0(M), y 2 Sqs0(N). 3. Si u est le g'en'erateur de H1(B(Z=2); Z=2), t+1 2s(2l+2t+1) QstSqs0u2l= 0 et QstSqs0u2l+1= Sqs0u2l+2 = u . 3. Un r'esultat combinatoire Dans cette section, on 'etablit d'abord un r'esultat combinatoire. En- suite, on l'applique `a un 'el'ement quelconque de H*(B(Z=2) d; Z=2) pour obtenir des contraintes impos'ees par certaines conditions d'annu- lation induites par l'existence de lacunes. P Soit un 'el'ement x 2 H*(B(Z=2) d; Z=2), x = i2I(n(i)1, . .,.n(i)d) somme des mon^omes basiques deux `a deux distincts (n(i)1, . .,.n(i)d), i 2 I. Pour commencer, on d'efinit quelques notations combinatoires. D'efinition 10. Soit l 0. On dira qu'il y a un l-'echange entre deux mon^omes basiques s'il existe i, j tels que ces deux mon^omes constituent une paire de la forme (u1, . .,.ui-1, 2ui+ 1 , ui+1, . .,.uj-1, 2uj + 2l+1, uj+1, . .,.ud) et (u1, . .,.ui-1, 2ui+ 2l+1, ui+1, . .,.uj-1, 2uj + 1, uj+1, . .,.ud). Remarque. C'est l'annulation sous l'action de l'op'eration Ql sur un 'el'ement x qui sugg`ere cette d'efinition, puisque l'op'eration Ql est une d'erivation. 6 DONGHUA JIANG D'efinition 11. On dira qu'il y a une (l, s)-cha^ine, l s, entre deux mon^omes basiques ff et fi d'un 'el'ement x 2 H*(B(Z=2) d; Z=2) s'il existe des mon^omes basiques ff0 = ff, ff1, . . ., fft = fi de cet 'el'ement tels qu'il y ait un m-'echange, l m s, entre ffi et ffi+1, 8 i = 0, 1, . .,.t - 1. D'efinition 12. Un sous-ensemble de l'ensemble des mon^omes basiques d'un 'el'ement x 2 H*(B(Z=2) d; Z=2) est une (l, s)-classe, l s, si pour tout mon^ome basique ff dans ce sous-ensemble, et pour tout m, l m s, il existe un mon^ome fi dans ce sous-ensemble et un m-'echange entre ff et fi. Remarque. C'est l'annulation sous l'action des op'erations Qm , l m s, sur un 'el'ement x qui sugg`ere cette d'efinition, puisque les op'erations Qm sont des d'erivations. Voici une propri'et'e fondamentale des (l, s)-classes : Proposition 2. Pour toute (l, s)-classe d'un 'el'ement x 2 H*(B(Z=2) d; Z=2), on a s - l d - 2. D'emonstration. On dira qu'un 'el'ement x 2 H*(B(Z=2) d; Z=2) est de support T {1, . .,.d}, si pour tout mon^ome basique xff11. .x.ffddde x, et 8 i 2 T , l'exposant ffine d'epend que de x et non du m^onome basique choisi. On note ø = #T qu'on apellera la taille de x, les mon^omes basiques de x ont ø exposants en commun au moins. Consid'erons donc une (l, s)-classe de x et soit xs la somme des mon^omes de cette classe, Ts son support et øs sa taille. On va construire r'ecursivement des sous-(l, s - t)-classes de support Ts-t et de taille øs-t telle que øs-t øs-t+1 + 1. Supposons avoir construit une sous-(l, s - t + 1)-classe de support Ts-t+1 et de taille øs-t+1. On choisit une paire de mon^omes basiques ff et fi de cette sous-classe telle qu'il y ait un (s - t + 1)-'echange entre ff et fi. On suppose de plus que l'exposant impair qui apparait dans cet 'echange dans le mon^ome basique ff est maximum pour ce type d''echange. On note cet exposant de ff par ffp = 2a + 1, o`u p d'esigne la position de ff o`u cet exposant apparait. Donc fip = 2a + 2s-t+2. Le choix de ff fait que toute (l, s - t)-cha^ine contenant fi ne change pas la valeur (paire) correspondante. Raisonnons par l'absurde. Car sinon, choisissons la (l, s - t)-cha^ine la plus courte contenant fi, disons de fi `a fl, telle que fl ait une valeur impaire sur cet exposant, une telle cha^ine existe par hypoth`ese. Il y a un m-'echange, l m s - t, qui change la valeur de l'exposant, entre fl et un mon^ome basique dans la SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES 7 cha^ine. La valeur de l'exposant consid'er'e est la m^eme que la valeur de celui de fi par hypoth`ese. Ceci implique que l'exposant de fl, en cette place, est flp = 2a + 2s-t+2- 2m+1 + 1 et est strictement plus grand que celui de ff, ffp, en la m^eme place. Il y a donc une contradiction. En choisissant tous les mon^omes basiques de la sous-(l, s - t + 1)-classe tels qu'il existe une (l, s - t)-cha^ine entre ces mon^omes et fi, on obtient un ensemble de mon^omes basiques. Cet ensemble est une sous-(l, s - t)-classe car pour tout mon^ome j de cet ensemble, et pour tout m, l m s - t, il y a d'une part un m-'echange entre j et un mon^ome ~ dans la sous-(l, s - t + 1)-classe, d'autre part une (l, s - t)-cha^ine entre j et fi, donc il y a une (l, s - t)-cha^ine entre ~ et fi. On d'eduit que ~ est un mon^ome de l'ensemble et que le m-'echange entre j et ~ est un 'echange dans l'ensemble, d'o`u l'ensemble consid'er'e est une sous-(l, s - t)-classe. Si on note par Ts-t le plus grand sous-ensemble de {1, . .,.d} tel que cette sous-(l, s-t)-classe est de support Ts-t, alors il est clair que Ts-t contient Ts-t+1 [ {p}. Donc on a construit une sous-(l, s - t)-classe de support Ts-t et de taille øs-t øs-t+1 + 1. Si on prend t = s - l, alors on a une sous-(l, l)-classe de support Tl et de taille øl telle que øl øl+1+ 1 . . .øs+ s - l s - l. Comme il existe des l-'echanges dans cette classe, il y a au plus d - 2 exposants invariants. D'o`u, d - 2 øl s - l. Corollaire 3. Soit x un 'el'ement d'un sous-module instable de H*(B(Z=2) d; Z=2) tel que x 2 Im (Sqs0) - Im(Sqs+10) et que Qstx = 0, 8 p t q. Alors on a q - p d - 2. D'emonstration. Puisque x = Sqs0x02 Im (Sqs0) - Im(Sqs+10), il existe au moins un mon^ome basique ff de x0 avec au moins un exposant impair. L'ensemble des mon^omes basiques de x0qui sont dans une (p, q)-cha^ine contenant ff est une (p, q)-classe. Puisque d'apr`es la d'efinition, chaque mon^ome fi de cet ensemble contient au moins un exposant impair, et comme l'action de l'op'eration Qstsur fi donne un mon^ome qui contient un exposant pair en la m^eme place, l'annulation de Qstsur x entra^ine l'existence d'un m-'echange, p m q, entre fi et un mon^ome de l'ensemble. Par cons'equent, on a q - p d - 2. Corollaire 4. Soit x un 'el'ement d'un sous-module instable de H*(B(Z=2) d; Z=2). Si A2x contient une lacune (|x|, |x| + l], l 2k pour un certain k d - 2, alors x 2 Im (Sqk-d+20). D'emonstration. Soit ff tel que x = Sqff0x0 2 Im (Sqff0) - Im (Sqff+10). Si ff > k, on a ff k - d + 2. Si ff k, alors l'existence de la lacune dans 8 DONGHUA JIANG A2x implique que 8 t = 0, . .,.k - ff, t 0 2t+ff ff0 2t+ff Sqff0Sq2 x = Sq Sq0x = Sq x = 0. t 0 0 Donc Sq2 x = 0, 8 t = 0, . .,.k -ff. Donc Qtx = 0, 8 t = 0, . .,.k -ff. D'apr`es le corollaire 3, on a k - ff d - 2, d'o`u ff k - d + 2. Remarque. 1. Les 'enonc'es de cette section sont aussi vrais pour un 'el'ement quelconque de H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd. Ci-dessus, on a trait'e le cas o`u ffd = 1. Pour tenir compte du fait que l'on peut se placer dans H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd, il faudrait compliquer un peu les notations en rajoutant un indice 1 a ffd. On dit que les (n(i)1,a, . .,.n(i)d,a) sont les mon^omes basiques de x. 2. Comme la suspension commute avec les op'erations de Steen- rod : oeqSqi = Sqioeq. Ces corollaires sont aussi vrais pour une suspension quelconque d'un sous-module instable quelconque de H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd. 4. La d'emonstration du th'eor`eme 2 Cette section est consacr'ee `a la d'emonstration du th'eor`eme 2. Soit donc M un module instable qui est la cohomologie r'eduite d'un espace. Supposons de plus que M est r'eduit. Alors : Th'eor`eme 4. (Lannes-Schwartz, [5]) Un module instable r'eduit (resp. connexe) M dont l'enveloppe injective est somme directe fi- nie d'injectifs ind'ecomposables est isomorphe `a un sous-module de H*(B(Z=2) d; Z=2) ffd(ffd > 0) (resp. H*(B(Z=2) d; Z=2)) pour d as- sez grand. On va consid'erer dans la suite des modules non r'eduits mais suspen- sions it'er'ees de modules r'eduits. D'emonstration du Th'eor`eme 2. Soit M un sous-module instable connexe de sH*(B(Z=2) d; Z=2) qui est la cohomologie r'eduite d'un espace. Reprenons les notations introduites avant le th'eor`eme 2 : M est non trivial dans les degr'es s + n1 < s + n2 < . ...Supposons qu'en degr'e sup'erieur ou 'egal `a s + n1, (n, n + l] est la premi`ere lacune de longueur l telle que : l max {2d+4, nj+1 - nj, j = 1, . .,.1 + (d - 1)2d-2}. Soit k l'unique entier ( d + 4) tel que 2k+1 > l 2k. Soit donc x 2 Mn , x 6= 0, A2x contient une lacune (n, n + l]. Le corollaire 4 entra^ine 2k-d+2|n. Lemme 3. En degr'e strictement inf'erieur `a n, il n'existe pas de degr'es m tels que 2k-d+26 |m et Mm 6= {0}. SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES 9 D'emonstration. Supposons qu'en degr'e strictement inf'erieur `a n, il existe des degr'es m tels que 2k-d+26 |m et Mm 6= {0}. Soit m0 le plus grand de ces degr'es, et soit y 2 Mm0 , y 6= 0. On suppose que y = Sqff0z 2 Im(Sqff0) - Im (Sqff+10). Comme 2k-d+26 |m0, on a ff k - d + 1. Si A2y contient une lacune (|y|, n + l], le corollaire 4 implique que ff k - d + 2, ce qui est impossible. Donc le plus petit degr'e non nul sup'erieur ou 'egal `a m0 + 1 dans A2y est inf'erieur `a n + l et est donc de la forme 2k-d+2q = p d'apr`es l'hypoth`ese de maximalit'e de m0. h fi Comme les Sq2 engendrent multiplicativement A2, on a p = m0+2 fi (rappelons l'hypoth`ese de minimalit'e de p). En particulier, Sq2 y est fi ff non nul. Comme y 2 Im (Sqff0), on a alors fi ff car Sq2 Sq0z = fi-ff Sqff0Sq2 z qui est nul si ff > fi. On en d'eduit que pour ff k - d et t 1, 2k-d+2 ne divise pas le degr'e de Qffty, en effet on a : |Qffty| = m0 + 2ff(2t+1 - 1) = 2k-d+2q - 2fi+ 2ff+t+1- 2ff. Tant que ce degr'e est inf'erieur ou 'egal `a n + l, Qffty est donc nul `a cause de l'hypoth`ese sur m0. Or pour 1 t k - ff - 1, |Qffty|= m0 + 2ff(2t+1 - 1) m0 + 2ff(2k-ff- 1) n + l Donc d'apr`es le corollaire 3, k - ff - 2 d - 2, ff k - d. Donc ff doit ^etre k-d ou k-d+1. Par cons'equent, fi ff k-d 4. Mais fi ne peut pas ^etre plus grand que 4 `a cause du th'eor`eme d'Adams. Ceci implique qu'un tel m0 n'existe pas. Notons donc les degr'es plus petits que n pour lesquels M est non trivial comme suit r0 = n > r1 > . . .et 8 i, 2k-d+2|ri. On a Lemme 4. Pour tout xi de degr'e ri, A2xi contient la lacune (ri, n + l]. D'emonstration. On raisonne par l'absurde. Si l''enonc'e est faux, on choisit un 'el'ement xi de degr'e maximal tel que A2xi contienne des 'el'ements non-nuls de degr'e sup'erieur `a ri et inf'erieur `a n + l. On choi- sit dans (ri, n + l] le plus petit degr'e dans lequel A2xi est non-nul. En utilisant la base multiplicative de A2, il est de la forme ri+ 2fl, fl 0. Comme les degr'es dans l'intervalle (ri, n + l] o`u il y a des 'el'ements non- nuls sont divisibles par 2k-d+2, on a fl k - d + 2 6.fParlcons'equent, on a une lacune (ri, ri+ 2fl), fl 6, dans A2xi avec Sq2 xi 6= 0 en degr'e 10 DONGHUA JIANG ri + 2fl. Par la maximalit'e de xi, il n'y a aucun 'el'ement y de degr'e sup'erieur `a ri tel que A2y contienne des 'el'ements non-nuls de A2xi en fl degr'e sup'erieur `a |y|Pet inf'erieur `a n + l. Donc l''el'ement non-nul Sq2 xi j ne peut pas ^etre dans j l 2k. De la d'emonstration du th'eor`eme 2, il r'esulte qu'il suffit de montrer que pour tout 'el'ement x de M de degr'e inf'erieur `a n, A2x contient une lacune (|x|, n + l]. Pour montrer cela, on raisonne par l'absurde. A tout 'el'ement x de M, on associe son degr'e de nilpotence, c'est-`a-dire, l'entier mx tel que x 2 nilmx M - nilmx+1 M. Soit x un 'el'ement non-nul de degr'e maximal tel que A2x est non r'eduit `a {0} dans l'intervalle (|x|, n]. (A2x contient la lacune (n, n + l] par l'hypoth`ese.) Soit donc y, |x| < |y| < n, ~y2 my Rmy sa r'eduction que l'on note oemy z, z 2 Rmy . Alors le corollaire 4 implique que z 2 Im (Sqk-d+20). (Rappelons l'hypoth`ese de maximalit'e de x.) Donc on a |y| = my + 2k-d+2ly. Soit de m^eme ~x2 mx Rmx . Supposons que ~x= oemx u tel que u 2 Im (Sqs0) - Im (Sqs+10). Alors comme la non-existence de m0 dans la d'emonstration du lemme 3, on sait que pour s k - d et t 1, 2k-d+2 ne divise pas le degr'e de Qstu, en effet on a : |Qstu| = |Qstx| - mx = |u| + 2s(2t+1 - 1) = 2k-d+2q - 2fi+ 2s+t+1 - 2s, o`u 2fid'esigne le plus petit entier strictement positif e tel que Sqe~xsoit non nul et on note le degr'e de Sqe~xpar mx + 2k-d+2q. Tant que le degr'e de Qstx est inf'erieur ou 'egal `a n + l, Qstu est donc nul `a cause de l'hypoth`ese sur x. Or pour 1 t k - s - 1, |Qstx| = mx + |u| + 2s(2t+1 - 1) mx + |u| + 2s(2k-s - 1) n + l Donc d'apr`es le corollaire 3, k - s - 2 d - 2, s k - d. Donc |x| = mx + 2k-dlx. On choisit l''el'ement non-nul de plus petit degr'e, sup'erieur ou 'egal `a |x| + 1, dans A2x. A l'aide de la basefmul-f tiplicative de A2, on sait que c'est un 'el'ement de la forme Sq2 x. De plus, le th'eor`emefd'Adamsfimplique que ff 3. On note cet 'el'ement par y = Sq2 x. ff On a alors |x| + 2ff= |y| pour un certain y = Sq2 x 2 nilmy M. D'o`u, mx + 2k-dlx + 2ff= my + 2k-d+2ly, ce qui implique, en modulo 2k-d, que mx + 2ff= my. Comme cette 'egalit'e ne poss`ede pas de solution `a 12 DONGHUA JIANG cause de la condition 1, un tel x n'existe pas. Donc pour tout 'el'ement x de M de degr'e inf'erieur `a n, A2x contient une lacune (|x|, n + l]. On ach`eve la d'emonstration en appliquant la d'emonstration du th'eor`eme 2 `a Rm . 2 6. Le cas p premier impair On indique bri`evement les r'esultats pour le cas o`u p est un premier impair. On donne d'abord les ingr'edients essentiels, i.e., les op'erations Qst, s, t 0, et P0s, s 0. En tenant compte des signes, les formules et les r'esultats combinatoires sont 'etablis de la m^eme mani`ere. Ensuite, on donne les r'esultats principaux dont les d'emonstrations sont similaires `a celles du cas o`u p = 2. D'efinition 13. Les op'erations Qst, s, t 0 sont d'efinies r'ecursivement comme suit : k 1) Q00= fi et Q0k+1= [P p, Q0k], ce sont des Qt d'efinis par Milnor ; s-1 s pk+s s 2) Qs0= P p et Qk+1 = [P , Qk], s 1. Notation 4. Le symbole (n1, . .,.nd) = (2m1 + ffl1, . .,.2md + ffld), ffli = 0 ou 1 (1 i d), d'esigne l''el'ement tffl1um1 . . .tffldumd 2 H*(B(Z=p) d; Z=p), t 'etant de degr'e 1 et u 'etant de degr'e 2. Un tel 'el'ement est dit basique. Notation 5. Comme d'habitude, P0 d'esigne l'op'eration d'efinie dans un module instable par æ P |x|=2x, si |x| = 0 mod 2; P0x = (|x|-1)=2 fiP x, si |x| = 1 mod 2. On a donc P0s(2m1 + ffl1, . .,.2md + ffld) = (2psm1 + 2ps-1ffl1, . .,.2psmd + 2ps-1ffld), etP Im(P0s) (s 1) est l'ensemble des 'el'ements x = s-1 s-1 * d j2J(2p n(j)1, . .,.2p n(j)d) de H (B(Z=p) ; Z=p). Par conven- tion, P00 = id. Ici, J est un ensemble de d-uplets j, qu'on 'ecrit (n(j)1, . .,.n(j)d), n(j)1, . .,.n(j)d = 0, 1 mod p, n(j)ffpeut ^etre nul. Puisqu'on a pour tout 'el'ement x d'un module instable et tout n 1, P pnP0x = P0P nx et P 1P0x = P0fix, on peut donc 'etablir les propri'et'es de Qst, s, t 0, `a partir de celles de Qt = Q0t. Une autre fa,con d''etablir les propri'et'es de Qstest d'utiliser le fait que s-1 ps-1 ps-1-1 1 ps-1 _*(P p ) = P 1 + P P + . .+.1 P s-1 ps-1 s devient P p 1 + 1 P , une d'erivation sur Im (P0). SUR LA R'EALISATION DES MODULES INSTABLES 13 Lemme 5. Soit x un 'el'ement d'un sous-module instable de H*(B(Z=p) d; Z=p) tel que x 2 Im (P0s) - Im(P0s+1) et que Qstx = 0, 8 t = q, . .,.r. Alors r - q d - 2. Th'eor`eme 5. ([6], [10 ]) Soit X un espace ou un spectre, k 1, soit i pk xP2 Hn (X; Z=p) tel que fix = 0 et P px = 0, 8 i < k, alors P x 2 pi i